02h47. Naboo vient de me réveiller avec ses ronronnements, ses deux pattes posées sur ma joue et sa tête entre ses pattes. Je me tape un coup de stress, j’ai oublié de prendre mes somnifères et impossible de me rendormir. Le chat lui en profiter pour se taper un coup de speed en courant et sautant partout à 200 à l’heure dans l’appart.
03h17. Toujours pas de signe de retour de sommeil. Du coup, je replonge dans mes vieilles torpeurs. Je me relève, allume une cigarette en espérant pouvoir chasser ces idées noires mais rien n’y fait, même après une poignée de Tercian. Evidemment, personne sur MSN à cette heure-ci pour papoter un peu avec moi. Je décide de tenter une dernière fois d’aller me recoucher. Je tente en vain de penser à des moments heureux, sur la suggestion de K6, notamment l’époque où je vivais chez mes grands parents, au bord de la mer, à Saint-Malo. Ils me manquent tous les deux beaucoup et eux aussi méritaient de vivre l’épilogue de leur vie d’une bien meilleure manière après qu’un conseil de famille auquel je n’étais pas convié décida de les séparer… Et de les mettre chacun dans une maison de retraite, si possible bien éloignés l’un de l’autre après la chute dont avait été victime mon grand père. Ma grand-mère était tellement malheureuse sans mon grand père qu’elle se laissa mourir de chagrin, ravagée en quelques mois par Alzheimer. Nous étions tellement bien tous les trois ensemble : ma grand-mère préparait chaque midi de quoi nourrir un régiment avec des produits de la mer, ou galettes de blé noir bretonnes ou encore des gaufres et des crêpes. Un vrai régal. Je prenais ensuite le bus de 13h20 qui m’amenait à Saint-Malo pour y passer mes journées. Un peu plus tard, je trouvais un boulot de barman (avec voiture de service peinte aux couleurs de l’attraction locale : un bateau capable de rouler sur le sable pour rejoindre la marée descendante et qui servait à bord des repas de fruits de mer). Moi je restais à la Gare Maritime pour servir les cars de sexagénaires (ou plus…) d’un apéro de midi dont le succès se partageait entre le pastis et le kir. Mais le plus important pour moi était d’avoir cette voiture de service qui me permettait de me rendre à Saint Malo librement tous les soirs sans avoir à attendre le lendemain matin le premier bus pour rentrer me coucher. J’ai même été docker à cette époque là, à décharger des chalutiers remplis ras la cale de plusieurs tonnes de poisson. Une grue prenait les poissons à bord, dans des bacs, et venait les déposer sur le quai. Là, nous attrapions les bacs –avec des pointes de boucher- pour les traîner jusqu’au tri où un nombre impressionnant de femmes étaient à l’ouvrage. Ca durait jusqu’à 5h ou 6h du mat et nous rentrions souvent trempés par la pluie, voire une ou deux fois une tempête et même prendre deux ou trois douches au retour ne me satisfaisaient pas : je sentais toujours aussi fort le poisson.
03h29. Là c’est Noa qui vient se faire une petite place au chaud dans mes pensées nocturnes. J’ai tellement hâte qu’elle soit là ! Plus que neuf jours à attendre et j’angoisse que ca se passe mal. La CAF ne m’a versé que 300 euros ce mois-ci (je touchais 560 euros d’AAH) à cause d’un trop perçu de 800 euros. Ayant déclaré en 2007, 4000 euros de revenus sur l’année (soit moins de 400 euros par mois de ressources d’indemnisation de sécurité sociale), la CAF estime que j’ai trop gagné ma vie [sic] et donc réajustent plus de deux ans plus tard le versement des cotisations Adulte Handicapé. Au lieu de prendre ma situation actuelle en compte, ils prennent une période de deux annèes antérieures pour calculer ce qu’ils me doivent. Le souci c’est qu’en 2007 j’ai été hospitalisé toute l’année et donc que la CPAM me versait des indemnités journalières.
Furieux j’ai envoyé un courrier demandant une remise gracieuse et un nouvel examen approfondi de ma situation. Je ne peux clairement pas vivre avec 300 euros par mois sachant que le seuil de pauvreté en France se situe en deçà de 800 euros. Et pour en remettre une couche, j’ai 300 euros de gaz et d’électricité à payer !!! Il va falloir que ce problème soit vite réglé : je veux accueillir Noa dans d’excellentes conditions pour elle et je n’ai surtout pas envie qu’ils me coupent l’eau chaude quand ma princesse sera là. D’où gros stress en ce moment car je n’arrête pas de penser qu’à cela.
Sinon, je pense à vous toutes et tous et bien sûr à Hugo qui va passer son 3e été d’affilée sans voir son père. Sa mère a bien cadenassé les vacances pour que je ne puisse le prendre ni en juillet, ni en août. Inutile donc que je me présente dans l’Oise ou à l’Ile de Batz ou à Granville, elle ne me le donnera pas quand bien même j’amènerais l’ordonnance de jugement en première instance qui établit que j’ai le droit de prendre Hugo avec moi la moitié des deux mois que durent les vacances scolaires.
04h15. Je tente un dernier essai sous la couette. Si ca ne fonctionne pas, je me ferais une partie du Seigneur des Anneaux Online…Mais pour le sommeil, ça sent le sapin !